Alimentation des nourrissons et des enfants

Bien qu'une alimentation saine et équilibrée soit importante dans toutes les phases de la vie, elle est primordiale pour assurer le correct développement et croissance des bébés et enfants.

Les besoins nutritionnels de l'enfant varient en fonction de son âge. En tant que diététicien ou professionnel de la nutrition, il est très important de connaître les spécificités à prendre en compte dans une prise en charge nutritionnelle d'enfants, pour aider les parents à bien les nourrir.

Continuez à lire cet article pour en savoir plus sur l'alimentation et la nutrition pédiatrique.

0 à 6 mois

Dès la naissance et jusqu'à 6 mois, le lait maternel doit être l'aliment exclusif du bébé. Il contient tous les nutriments qui lui sont essentiels, est adapté à son développement et favorise sa santé. Avec le rythme de travail actuel, il n'est pas toujours possible d'allaiter au sein un bébé jusqu'à 6 mois. Même si c'est le cas, il est important d'encourager la maman à le faire le plus longtemps possible.

L'allaitement apporte plusieurs avantages :

  • Le lait évolue selon les besoins de l'enfant et est parfaitement adapté ;
  • Il réduit les risques d'infections, notamment gastrointestinales ;
  • Il favorise l'acceptation des saveurs au moment de la diversification alimentaire en faisant varier les flaveurs à chaque tétée ;
  • Il contribuerait à prévenir les allergies chez les enfants, en particulier ceux qui sot prédisposés au niveau familial ;
  • Il favorise la réduction du volume de l'utérus à la suite de l'accouchement ;
  • Il permet de répondre rapidement aux besoins du bébé, sans besoin de préparation ;
  • Il est la formule la plus économique de nourrir le bébé.

Dans les cas où la maman ne peut pas (ou ne veut pas) allaiter son bébé, les préparations infantiles sont une bonne option. Les préparations infantiles (ou "laits infantiles") sont des aliments spécifiquement conçus pour les enfants nés à terme et en bonne santé, de la naissance jusqu'à 3 ans.

Tableau 1 : Préparations infantiles et période d'utilisation habituelle

Appellation Période d'utilisation habituelle
Préparation pour nourrissons / Lait 1er âge Dès la naissance jusqu'à 6 mois ou plus et au moins jusqu'à 4 mois - jusqu'à ce que l'enfant prenne un repas complet sans lait par jour
Préparation de suite / Lait 2ème âge De 6 à 12 mois ou plus, en relais du lait maternel ou 1er âge - dès que l'enfant prend au moins un repas complet sans lait par jour
Aliment lacté destiné aux enfants en bas âge / Lait de croissance En relais du lais 2ème âge de 1 à 3 ans

L'arrêt de l'allaitement maternel doit se faire de manière progressive. Il est conseillé de supprimer une tétée à la fois (en commençant par celles du milieu de la journée), en laissant une semaine d'intervalle entre chaque suppression de tétée. Même après reprendre le travail, il est possible de conserver les tétées du matin et du soir.

Dans les cas où cela est possible, il est conseillé de poursuivre l'allaitement jusqu'à 2 ans, en complément avec d'autres aliments.

Diversification alimentaire

À partir des 6 mois, le lait ne couvre plus les besoins nutritionnels du bébé et il est donc important d'introduire d'autres aliments dans son alimentation.

La diversification alimentaire correspond à une période de transition d'une alimentation constitué exclusivement de lait maternel ou de préparations infantiles à une "alimentation familiale". Elle doit avoir lieu à partir des 4 mois révolus et jamais après 6 mois.

Pendant la diversification, tous les aliments doivent être introduits de manière progressive. Le lait ou les préparations restent la base de l'alimentation.

L'ANSES indique que la fenêtre favorable d'acceptation de nouveaux aliments se situe entre 5 et 18 mois et que c'est donc à cette période qu'un maximum d'aliments doit être proposés à l'enfant.

6 à 8 mois (1ère étape)

Le lait reste la base de l'alimentation du bébé. Il est conseillé de supprimer très progressivement une partie d'une tétée ou biberon, puis une tétée ou biberon entier, le but étant d'arriver, vers 8 mois, à donner au bébé quatre repas par jour, dont deux repas diversifiés (maximum) et deux tétées ou biberons.

Il est normal que l'enfant passe spontanément de 6 à 4 prises alimentaires par jour. Il est très important de veiller à ce que les apports alimentaires soient suffisants, en augmentant les quantités de chaque repas.

Les nouveaux aliments (ou textures) doivent être introduits un par un, pour permettre au bébé de s'habituer à leur texture et saveur.

Lait et produits laitiers : Le bébé doit continuer à boire 500 ml de lait par jour. Le passage au lait 2ème âge (pour les mamans qui n'allaitent pas) doit se faire à partir du moment où le bébé fait un repas complet par jour. De temps en temps, il est possible de remplacer une tétée ou un biberon par un yaourt ou un fromage blanc. Utiliser de préférence des laitages "destinés aux enfants en bas âge".

Légumes : préférer les légumes bien tolérés comme les haricots verts, les épinards, les courgettes sans pépin ni peau, le blanc de poireaux et les carottes, cuits à l'eau ou à la vapeur, sans sel ajouté.

Fruits : ils doivent être proposés 15 jours après avoir introduit les légumes et doivent être mangés cuits. Préférer les fruits comme la poire, la pomme, la pêche, la banane ou les abricots. Quantité : 2-3 par jour

Viande et poisson : varier les types et variétés, en évitant la charcuterie et les abats (sauf le jambon cuit découenné). Oeufs : commencer à l'inclure qu'à partir du 7ème mois, après l'inclusion de la viande et du poisson. Ils doivent être consommés durs. Quantité : 10g par jour, soit 2 cuillères à café de viande ou poisson par jour ou 1/4 d'oeuf dur.

Féculents : préférer les pommes de terre en purée ou les farines, qui peuvent être ajoutées au biberon. Les pâtes, le pain ou la semoule de blé doivent être proposés qu'après 7 mois révolus.

Matières grasses : utiliser plutôt des matières grasses végétales : huile de colza, d'olive ou de tournesol. Quantité : 1 cuillère à café ou une noisette de beurre à chaque repas.

Eau : Utiliser de l'eau peu minéralisée.

L'ANSES recommande qu'une fois que la diversification alimentaire commence, il est nécessaire d'inclure sans tarder les produits laitiers, l'oeuf et l'arachide, qui sont des allergènes alimentaires majeurs.

9 à 12 mois (2ème étape)

Le lait reste la base de l'alimentation du bébé, mais l'apparition des premières dents permet d'inclure différentes textures dans son alimentation.

Lait et produits laitiers : le lait reste un aliment important pour le bébé. Il est conseillé de lui donner 500 ml de lait maternel ou 2ème âge par jour. Jusqu'à 1 an, le lait de vache est déconseillé. En plus du yaourt et du fromage blanc nature, le bébé peut commencer à manger un peu de fromage.

Viande, poisson et oeufs : Augmenter la portion jusqu'à 20g de viande ou poisson (4 cuillères à café) ou 1/2 oeuf par jour.

Tous les autres aliments continuent à faire part de l'alimentation du bébé. Il est conseillé de faire évoluer les textures, par exemple avec des petits morceaux de fruits, légumes et pommes de terre.

À partir de 1 an (3ème étape)

L'alimentation de l'enfant est désormais variée mais ses besoins ne sont pas ceux d'un adulte. Les quantités de lait diminuent progressivement de 1 à 3 ans, au profit des aliments solides.

Lait et produits laitiers : le lait doit rester présent dans l'alimentation du bébé. En cas de non-allaitement, passer du lait 2ème âge au lait de croissance (500 ml par jour), qui lui apporte du fer et des acides gras essentiels, au contraire du lait de vache. Une partie du lait peut être remplacée par des produits laitiers adaptés et enrichis en fer, vitamines et acides gras essentiels.

Fruits et légumes : introduire les crudités et les fruits crus. Toutes les variétés sont autorisées.

Viande et poisson : la portion journalière doit passer à 30g (6 cuillères à café).

Produits céréaliers : en proposer à chaque repas.

Légumineuses : Introduire à partir de 15 mois, premièrement sous forme de purée.

Eau : Au fur et à mesure que l'alimentation se diversifie, l'enfant consomme moins d'eau puisque les aliments introduits en contiennent moins que le lait. Il est donc important de rester attentif et de lui proposer de l'eau de source ou de l'eau minérale (faiblement minéralisée).

Après 2 ans

C'est à ce moment (ou même un peu avant, à partir de 18 mois) que peut apparaître la néophobie alimentaire, une réticence ou un rejet à manger des aliments, nouveaux ou pas. En effet, les aliments acceptés auparavant peuvent être également rejetés. Le refus des nouveaux aliments se produit avant la consommation, principalement sur la base de caractéristiques visuelles.

Si l'enfant a déjà goûter toutes les variétés d'aliments dans chaque groupe, il n'y aurait en principe pas "d'aliments nouveaux". Mais un nouvel aliment peut être tout simplement un même aliment présenté sous une autre forme.

La période comprise entre 5 et 18-24 mois représente donc une fenêtre favorable pour faire découvrir à l’enfant un maximum d’aliments, en particulier des légumes.

Image 1 : Fenêtre d'opportunité pour l'introduction des aliments de diversification. Source :

Pratiques à mettre en place avec le bébé pendant la diversification alimentaire :

  • Proposer un aliment refusé plusieurs fois (environ 8 expositions sont nécessaires) ;
  • Offrir une grande variété d'aliments ;
  • Introduction d'aliments non lisses à partir des 8 mois et avant 10 mois, en variant les textures proposées, selon la capacité de l'enfant.

Image 2 : Étapes de la diversification alimentaire. Source :

De 3 ans à l'adolescence

À 3 ans, l'alimentation d'un enfant est la même que celle d'un adulte en ce qui concerne la variété des aliments. Cependant, les quantités ne sont pas les mêmes.

Fruits et légumes : Au moins 5 par jour

Produits céréaliers et autres féculents : Consommer à chaque repas et selon son appétit

Lait et produits laitiers : 3 par jour (ou 4, en fonction de la taille de la portion et de leur richesse en calcium).

Viande, poisson et oeufs : 1 à 2 fois par jour, en alternant.

Matières grasses ajoutées : Consommer avec modération.

Sel : Limiter la consommation.

Produits sucrés : Limiter la consommation. Il est important à tout âge, et principalement chez les enfants, de réduire la consommation en sucres, qui est très élevée, notamment au petit-déjeuner et goûter.

Adolescence

La base de l'alimentation d'un adolescent reste à peu près la même que celle de l'enfant. Pendant toute la période de croissance d'un adolescent, les besoins en énergie, protéines, vitamines et minéraux augmentent.

Les experts de l’Anses ont identifié des apports nutritionnels insuffisants en calcium et en fer chez les adolescents, ce qui représente un risque pour leur développement et leur santé.

Ainsi, de manière à réduire le risque d'inadéquation de ces nutriments, il est important de :

  • Favoriser les produits laitiers, frais nature ou peu sucrés ;
  • Favoriser les légumes-feuilles, les légumineuses (haricots, pois chiches, lentilles) et certaines eaux minérales ;
  • Favoriser la consommation de viande, du poisson et des oeufs ;
  • Favoriser le pain complet, les légumineuses, les fruits à coque et les fruits secs.


Références :

  • ANSES. Dossier de presse. 25 juin 2019. Repères alimentaires pour les populations spécifiques. Enfants, femmes enceintes & allaitantes, personnes âgées. Expertise ANSES 2019.
  • Le guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents. La santé vient en mangeant et en bougeant. Programme National Nutrition Santé. Septembre 2004, réimpression octobre 2010.
  • www.mangerbouger.fr (https://www.mangerbouger.fr/Manger-Mieux/Manger-mieux-a-tout-age/Enfants/De-6-mois-a-3-ans). Accédé le 3 septembre 2019.